Je ne suis pas née louve. Je le suis devenue.

Publié le 19 Août, 2026

Une présentation sans costume bien repassé, sans parcours miraculeux en trois étapes
et avec quelques poils de chien, forcément.

Je ne suis pas née louve… Je le suis devenue

Il paraît que, pour se présenter correctement, il faut commencer par donner son métier.

Alors allons-y : je suis graphiste, thérapeute énergéticienne à distance, praticienne Reiki de quatrième degré, et j’utilise également l’accompagnement intuitif ainsi que le Human Design. Je suis aussi la femme derrière Au cœur de la Louve.

Voilà. Nous avons rempli les cases.
Maintenant, si vous le voulez bien, on peut parler de moi.

Parce que je ne suis pas arrivée jusqu’ici en suivant un plan de carrière parfaitement imprimé, rangé dans une pochette plastique et validé par un comité de gens raisonnables. Je suis arrivée ici comme on devient louve : en traversant des forêts, en me perdant parfois, en apprenant à reconnaître les chemins qui n’étaient pas les miens… et en développant une incapacité de plus en plus flagrante à faire semblant.

Anna, créatrice d’Au cœur de la Louve, entourée de Maya, de loups et d’animaux dans une forêt à l’aube

J’ai longtemps cru que j’étais – trop –


J
e m’appelle Anna. Je suis née en Italie et je suis arrivée en France à neuf ans. Changer de pays à cet âge, c’est apprendre le déracinement avant même de savoir poser un mot dessus. C’est chercher sa place entre plusieurs langues, plusieurs cultures, plusieurs mondes. C’est comprendre très tôt qu’une maison n’est pas toujours un lieu : parfois, c’est quelque chose que l’on doit reconstruire à l’intérieur de soi.

J’ai grandi avec une sensibilité qui prenait beaucoup de place.
Je ressentais les ambiances, les silences, les tensions, les changements minuscules dans une voix ou un regard. J’ai longtemps cru que j’étais trop sensible, trop intense, trop compliquée, trop émotive. Bref, beaucoup trop de « trop » pour une seule personne.

Avec le temps, j’ai compris que certaines de mes antennes étaient intuitives… et que d’autres avaient été façonnées par l’hypervigilance. Les deux peuvent porter le même manteau, mais elles ne racontent pas la même histoire.

L’une surveille pour protéger. L’autre ressent pour guider.
J’ai dû apprendre à reconnaître l’alarme et la boussole, à ne pas prendre chaque peur pour un pressentiment, ni chaque intuition pour une absurdité. Cette nuance a profondément transformé ma vie — et elle est aujourd’hui au cœur de ma manière d’accompagner.

Je ne suis pas devenue invincible.
Je suis devenue plus loyale envers moi-même.

Et cette loyauté-là a changé beaucoup de choses

Entre le visible et l’invisible

J’ai d’abord trouvé refuge dans la création

Le graphisme m’a permis de donner une forme à ce qui n’en avait pas encore. Une couleur à une émotion. Une identité à une idée. Une présence à un projet qui n’existait jusque-là que dans la tête ou le cœur de quelqu’un.

Puis l’énergétique a pris de plus en plus de place

Pas parce que je me suis réveillée un matin avec de la sauge dans une main, un oracle dans l’autre et l’envie soudaine de parler à la Lune en latin approximatif.

Ce chemin s’est construit lentement, à travers mes ressentis, mes expériences, mes propres traversées et tout ce que je ne pouvais plus faire rentrer dans les cases habituelles.

J’ai avancé dans le Reiki jusqu’au quatrième degré. Je me suis formée, j’ai expérimenté, douté, observé, recommencé. J’ai exploré le Human Design, les soins à distance et l’accompagnement intuitif, non pas comme des vérités à imposer, mais comme des outils permettant parfois d’éclairer ce que l’on sent déjà sans parvenir à le nommer.

Aujourd’hui, mes deux univers vivent ensemble. Je peux passer de la création d’une identité visuelle à un soin énergétique, d’une mise en page à une lecture intuitive. Cela peut sembler être un grand écart, mais pour moi, le fil est évident : dans les deux cas, j’aide quelque chose de profondément vivant à devenir visible.

Mon corps m’a appris ce que mon esprit refusait encore d’entendre

Mon corps a lui aussi occupé une place immense dans mon histoire.

L’endométriose et l’adénomyose de stade 4 ne sont pas arrivées avec un petit courrier poli proposant de ralentir à ma convenance. Mon corps a fini par cesser de négocier. La douleur ne m’a pas transformée en sage mystique baignée de lumière, parfaitement reconnaissante envers l’Univers pour cette merveilleuse « leçon ». Elle m’a parfois rendue épuisée, furieuse, angoissée, perdue — et franchement peu disposée à remercier qui que ce soit.

Mais elle m’a obligée à revenir à moi. À écouter mes limites. À comprendre que le repos n’est pas une faiblesse, que la lenteur n’est pas un échec et que notre valeur ne se mesure pas à notre capacité à produire pendant que tout brûle à l’intérieur.

Je ne romantise ni la douleur ni les épreuves. Certaines choses ne nous rendent pas plus forts : elles nous blessent, tout simplement. La force se trouve dans ce que nous faisons ensuite avec nos blessures, dans la manière dont nous apprenons à ne plus nous abandonner pour survivre, être aimés ou correspondre à ce que l’on attend de nous.

Les animaux ne font pas partie de ma vie, ils font partie de moi

Et puis, il y a les animaux.
Non, rectification : il n’y a pas « les animaux » d’un côté et « ma vie » de l’autre.
Il y a ma vie, peuplée d’animaux.

Ils sont ma famille, ma meute, mes compagnons de route. Je ne les aime pas comme on aime une présence agréable dans une maison. Je les aime avec cette partie de moi qui reconnaît une âme avant de s’arrêter à une espèce.

Ils m’ont accompagnée dans mes joies, mes effondrements, mes recommencements et mes silences. Ils ont senti mes chagrins avant que je sache les expliquer. Ils sont restés près de moi sans me demander d’être plus simple, plus souriante, plus disponible ou déjà guérie.

Les animaux ne nous demandent pas d’aller bien pour mériter leur amour.
Et dans un monde où l’on apprend souvent à se rendre acceptable avant de se croire aimable, leur présence a quelque chose de profondément réparateur.

Maya, mon -tout-

Parmi eux, il y a Maya.

Dire qu’elle était ma chienne serait parfaitement exact et totalement insuffisant.
Maya était une husky. Elle était aussi mon ancrage, mon guide, mon miroir, une partie de ma maison intérieure. Elle était mon « tout ».

Nous avons partagé des années de vie, des habitudes, des regards et cette forme de langage qui n’a jamais eu besoin de phrases. Elle a été là dans des moments où peu de mots auraient pu m’atteindre. Elle savait simplement rester. Être présente. Aimer sans négocier.

Puis son corps a commencé à fatiguer.

L’accompagner lorsqu’elle est tombée malade, prendre soin d’elle et accepter, finalement, de la laisser partir a été l’une des décisions les plus douloureuses de ma vie. J’ai alors découvert que la plus grande preuve d’amour pouvait aussi être celle qui vous fend le cœur en deux.

Son absence a changé la forme du monde, mais elle n’a pas effacé sa place en moi.
Je continue de lui parler. De penser à elle. De reconnaître parfois quelque chose d’elle dans une plume blanche, une heure miroir, un papillon, une chanson ou un instant suspendu qui semble murmurer : « Je suis encore là. »

Je ne demande à personne de croire comme moi. Je sais seulement que certains liens ne se rangent pas dans le tiroir du passé. Ils changent de forme. Ils deviennent invisibles, peut-être, mais ils ne deviennent pas moins réels.

Maya vit dans ma manière d’aimer, dans ma façon de prendre soin des autres animaux, dans ma sensibilité et dans tout ce que représente Au cœur de la Louve.

Elle n’est plus auprès de moi comme avant.
Elle est en moi autrement.

Au cœur de la Louve n’est pas un personnage

Au cœur de la Louve n’est pas un joli nom trouvé après trois cafés et un tunnel Pinterest particulièrement inspiré.

C’est l’endroit où tous mes mondes se rejoignent : la création, l’intuition, le soin, la nature, les animaux, le corps, les blessures, l’invisible et cette certitude profonde que la douceur et la puissance ne sont pas opposées.

Ma spiritualité n’est pas une fuite hors du réel. Elle a les pieds dans la terre — et parfois même dans la boue. Elle laisse une place au Reiki, aux pierres, aux oracles, aux signes et au Human Design, mais elle ne me demande pas de déposer mon discernement à l’entrée.

Chez moi, on peut croire aux synchronicités et prendre rendez-vous chez le médecin.
On peut demander un signe à l’Univers et trouver, franchement, qu’il pourrait parfois articuler un peu mieux.
On peut parler d’énergie, analyser ses propres biais, traverser une crise existentielle, rire très fort et dire merde lorsque la situation l’exige.

Nous sommes des êtres humains. Pas des citations inspirantes imprimées sur fond de coucher de soleil.

Je ne crois pas à la positivité qui écrase la souffrance sous une couche de « bonnes vibrations ». Je crois à la présence. À l’écoute. À la vérité que l’on peut déposer sans être jugé. À la possibilité d’être accueilli exactement là où l’on se trouve, même lorsque cet endroit est sombre, confus ou franchement bordélique.

Votre rythme reste le vôtre.
Votre vérité reste la vôtre.
Votre pouvoir reste entre vos mains.

Maya, husky blanche et grise d’Anna, allongée sur un plaid vert sauge

Alors, qui suis-je réellement ?

Je suis Anna.

Une Italienne déracinée qui a appris à faire pousser ses propres racines.

Une graphiste qui donne des couleurs aux idées et une énergéticienne qui écoute ce qui ne sait pas encore se dire.

Une femme sensible, intuitive, drôle, parfois angoissée, souvent passionnée, régulièrement accompagnée d’une chicorée et toujours capable de placer une grossièreté au beau milieu d’une réflexion spirituelle très sérieuse.

Une femme qui connaît la douleur sans vouloir en faire une identité.

Une gardienne de meute.

Une amoureuse de l’invisible qui garde les yeux ouverts sur le réel.

Une humaine en chemin, avec ses contradictions, ses cicatrices, ses fulgurances, ses jours lumineux et ceux où elle aimerait simplement se rouler dans un plaid en annulant l’intégralité de l’existence jusqu’à nouvel ordre.

Je ne suis pas arrivée au bout du chemin

Je marche encore. Je trébuche, je questionne, j’apprends, je me trompe, j’écoute et je recommence.

Mais j’ai fini par comprendre une chose essentielle : ma douceur n’a jamais été une faiblesse. Ma sensibilité n’a jamais été un défaut. Et je n’ai pas besoin de devenir moins intense pour prendre ma juste place dans ce monde.

Je ne suis pas née louve.

Je le suis devenue chaque fois que j’ai choisi de revenir vers moi, de protéger ce qui était vivant dans mon cœur et de continuer à aimer malgré tout.

Alors, bienvenue Au cœur de la Louve.
La meute n’exige aucun masque.